samedi 17 février 2018

For the Ride

[Autour de moi, du paysage, rien que du paysage, enneigé, inconnu, avec quelques silhouettes plus ou moins debout dans la désolation. Sinon, paysage vide, et qui passe, mais par à-coups.
Je regarde autour de moi, et partout c’est le même décor jamais vu, imperceptiblement changeant, par à-coups donc, comme si j’étais dans un tortillard panoramique qui ne cesse de s’arrêter là où je n’ai pas intérêt de m’attarder.
En attendant, je m’interroge et la réponse tombe toute seule : ce doit être un voyage d’agrément, sans véritable but. Si cela se trouve, je me déplace ainsi pour le seul plaisir de mes yeux et non pas pour arriver quelque part, désolation étant destination. Belle perspective, en effet.]

Vu sur l’écran tel bijou supposé génial
Dont je ne pigeais rien, ce qui est peu courant
Car ce qu’on dit, je ne l’entends pas forcément
Mais ce qu’on montre, je le capte en général.

Je pense que le hic dans ce grand film était
Qu’il ressemblait un peu trop à la vie, la vraie.
C’est que quand tout est clair, le cinéaste sait
D’avance comment le truc va se terminer.

Là, il semblait aussi ignorant du futur
Que nous, on l’est dans la vie, et c’est malheureux
Puisque le public ne comprend alors pas mieux

Qu’il ne saisit sa propre vie imprévisible
Et ça, bien que l’art a comme avantage sur
La vie qu’en principe il doit être intelligible.

15 Février 2018

vendredi 16 février 2018

Trois traductions accessoires


Sarah Kirsch, Vie de chat

1. Neige

Comme devant nos yeux exercés
Tout se transforme, le village vole
Des siècles en arrière dans la neige
Il ne nous faut que quelques corneilles
Des saules têtards le long du chemin, des chiens démodés
Amour et fidélité ont cours, tu me tires
Par-dessus des fossés, portes mon petit
Fagot volé dans le soir
Une fumée vivante enveloppe les maisons.


2. Tempus hibernum


Quand le charme s’amenuise et le gel
Fait une pause, reprend ses forces, les prairies
S’étendent presque comme en été, la neige
Est un reste sale et sur les étangs brillants
Stagne l’eau de fonte, quand le village
Ouvre les portes des étables, les veaux nés dans l’année
Ont le droit de cavaler pendant une après-midi et ça sent partout
Le fumier, la vache et les meules de maïs
Quand les paysans coupent du bois dans la forêt, les piverts
Se rassemblent dans le jardin et le soleil prudent
Ratatiné et tout faible dans la brume éternelle
Pourtant ose s’avancer précocement dans l’éther
Modèle villageois d’un soleil simple et utile
Soleil dont on entendra encore parler
Quand les champs abandonnent leur distinction
Se montrent échevelés, existence ordinaire, effondrée
Les bouses de l’été passé apparaissent
Sur place, des ruines d’arbres
Vagabondent sous des nuages enragés
Les âmes noires des corneilles
Se hissent dans le vent, quand la vie
Est alors monotone, triste et vulgaire
Parmi des gens renfrognés et moroses, moi
Je suis heureuse en ma campagne banale.


3. Troisième portée


En essayant d’atteindre les barreaux de l’échelle
Les chatons tombent régulièrement
Du haut du grenier sur les dalles de l’étable.
Après la première chute fatale, le fermier balance
De la paille sous la trappe, les petits mistigris
Récupèrent la tétine du pionnier
Sur le ventre maternel, leur chances de survie
Ont augmenté de façon vertigineuse.


Trad 23 Janvier,11 et 13 Février 2018

jeudi 8 février 2018

On Flamboyancy and Grayness, Truth and History

Maintenant, on accorde du crédit même aux dires des femmes et des enfants ; avant, on s’en méfiait un peu. C’est un progrès sans pareil.
Depuis peu, femmes et enfants, eux aussi, ont éventuellement le droit de proférer des conneries. On le justifie avec la circonstance qu’il s’agit de femmes et d’enfants. Exactement comme on excuse, le cas échéant, les intenables âneries d’un poète pour peu qu’elles soient émises en une langue « tenable ». Au lieu de déplorer que l’étron, par surcroît, ait été garni de guirlandes. Mais l’emphase ne transforme jamais l’ineptie en vérité, bien au contraire : elle la rend plus pathétique encore.
Maintenant, femmes et enfants disposent donc du bonus idiot des poètes. Il faut tout accepter sans ciller parce que, semblerait-il, c’est une affaire de justice. N’oublions pas qu’il y avait autrefois le bonus aryen. Désormais, ce sont les femmes et les enfants qui en profitent. Progrès incommensurable, en effet.

Melomaniacs amongst the old Romans
Ended up with inventing amongst the gold fibulae
One peculiar device fastened into the foreskin
To prevent its withdrawal. Quid praestas?

This for sure was supposed to secure the two cherries:
To guarantee the longest possible vocal unbrokenness
And then the singer’s primitiae – his étrennes – but
In a pinch some birds are apt to hit the tup, see, betunicked.

So, this well-preserved cockerel wasn’t always unfondled
When that clasp was removed for a costly deflowering.
The premier jet is hardly ever a first draft:
Fibulae are often fabulae.

The real history’s a bag of tricks and wires
Much more sophisticated than some sods’ desires
No piece of shit in a silken stocking because
From up close it mightn’t be what it’s alleged that it was.

Coming far less regressive than the regressive allow
And perchance more progressive than the progressive avow
The past is the one thing you can’t control nor belie
You can only falsify.

[Man schenkt jetzt Glauben auch den Reden von Frauen und Kindern, früher tat man das nicht so sehr. Und es ist dies ein Fortschritt sondergleichen.
Neuerdings dürfen also auch Frauen und Kinder eventuell Unsinn verbreiten. Man rechtfertigt das damit, dass es ja Frauen und Kinder sind. Gerade so, wie man gegebenenfalls auch unhaltbaren Humbug entschuldigt, wenn er nur, wie einer sagte, in „haltbarer“ Sprache ausgedrückt ist – anstatt zu bedauern, dass die Scheiße auch noch mit Lametta verziert wurde. Dummes Zeug wird durch emphatischen Vortrag ja niemals richtiger, sondern der macht das Ganze nur noch schlimmer: pathetischer im Wortsinn des Englischen.
Also nun Frauen und Kinder mit dem Dichterbonus des Idioten. Man muss ihnen alles unbesehen abnehmen, weil angeblich eine Frage ausgleichender Gerechtigkeit. Vergessen wir nicht, dass es auch einmal einen Arierbonus gab. Nun profitieren also Frauen und Kinder davon. Welch unermesslicher Fortschritt in der Tat.]

8. Februar 2018

vendredi 2 février 2018

Tool


i.

On n’a pas pu l’élire, notre roi
Il nous a été imposé, le gros
Par les barbares, nous n’avons eu droit
Qu’à ses scrupules ou faux choix moraux.

Négociateur illégitime
Falstaff haï, pouvoir infime
A fait ce qu’il a pu pour nous
En tant que rien : rien, peu ou prou.

Mieux vaut encore acclamer son bourreau
Que subir tel avocaillon d’office
Mieux vaut le glaive à nu qu’en son fourreau
Mieux, l’immédiat néant du précipice.


ii.

Oh, l’homme fort est un homme désiré.
On m’a collé des responsabilités
Il a fallu que je les prenne
J’ai fait de mon mieux.

La vie n’est pas une affaire de justice
Elle est une histoire d’échecs ;
À l’instar des mots, indépendants des faits
Elle est faite d’instants sans liaison.

Instant après instant
Faites le mieux de vos échecs
Afin de la réussir en détail
Si je peux me permettre un conseil idiot.



1er Février 2018

mercredi 31 janvier 2018

New Dawn, New Noodles

    « Grex rather than sex » – la formule de Robert Frost est ancienne,
et plus vraie que jamais.

1. Upside Down

– Why aren’t you erect?
– But nothing’s happened yet.
– Come back when your thing’s up.
Tried at home, fancied something and eventually succeeded.
– Here we are.
– Prove and show it.
When shown, stiff had sourly reverted to limp.
Both were deeply disappointed.

There’s a long way to go, the lonely mind being, alas, unreliable.
You better let things happen first.
Dare to give ’em a hand.
But that’s no longer legitimate.


2. Display Rules

Ich kenne einen kleinen Hund
Der bellt zuweilen ohne Grund:
Sieht er mich kommen, tut er ganz
Verrückt und wedelt mit dem Schwanz

Springt hoch in seinem Unverstand
Und leckt und fordert meine Hand
Vergeudet seine Liebe und
Weiß es doch nicht, denn Hund bleibt Hund.


29. Januar 2018

dimanche 28 janvier 2018

Light and Shade, Politically Speaking

[Le grand soir tombe. Rien n’a été gagné, tout juste un petit changement de perspective, un retournement dans le plume, en somme. Au lieu de manifester pour la « liberté », on s’époumone pour plus de retenue. Liberté remplacée par retenue, l’époque est à la sagesse mais, une fois de plus, se déchaîne : sûr de soi, en surnombre, ça cherche toujours la castagne.
Victime de trop de liberté, passe encore ; mis en pièces par des bacchantes en folie, quel délice. Mais là, tout le monde comme infirme, tout le monde se remuant comme de pauvres alités afin de s’éviter des escarres...
et furieux avec ça ! Je me sens comme l’amoureux éconduit d’une belle laideronne. La sensation est ambiguë, fascinante.
Libéré d’un carcan, voilà quant au triomphe de la retenue. Exiger le souhaitable, l’humain, l’indispensable même, j’aurais dû y penser avant. Du temps que l’on savait encore où l’on en était : certainement attachés à des chaînes, et soi-disant en train de s’en dépatouiller.
N’importe. Enfin, un autre soir est tombé. S’ensuivront quelques petites heures nocturnes dont il faudra profiter, camarades
.]


i.

The night falls.
Should be time to unsheathe
But let this light
Be toy
Not tool, nor weapon.

Let be its dimness
Bright enough
This night
That it be motley toy
No boasting chisel thing, no blazing dagger.

Come here to play.
Unsheathe but let this light be toy
Let us be duel slackers.


ii.

Ja, meinst du denn, das reicht aus?
Du musst schon selber schauen.
Spiel-, aber nicht Werk- oder Waffenzeug, so, so.
Wo führt das denn hin?
Das hilft nur wenig, wenn dann jemand kommt.
Auch unsre albernen Schwächen müssen doch verteidigt werden.


iii.

You can’t expect a natural self-educator
To disbelief in the laws of nature;
He knows no others.

On a cloudy day
Who’d ask the sun barging in
To be a little more decent
According to the circumstances?


[C'est qu’on se trompe lorsqu’on pense qu’avant la libération sexuelle on n’aurait pas pu vivre sa sexualité librement. Qui savait se débrouiller, le pouvait – en privé bien entendu. Quand ces choses ont fini par être étalées sur la place publique, les gens n’ont pas nécessairement pu vivre plus librement, parce que même dans un pays sexuellement libéré, la sexualité, en règle générale, reste du domaine privé ; il faut donc toujours savoir se débrouiller pour trouver chaussure à son pied, et ce n’est pas donné à tout le monde. La libération a simplement un petit peu facilité les choses ; elle a ouvert le marché, en le régularisant. Mais la technologie aussi. Surtout la technologie. Technologie sans libération n’est guère possible. Les Saoudiens, eux aussi, ont accès au web, et ils ne s’en privent pas, semblerait-il. Collective ou personnelle, cette libération-là, elle se passe en privé.
Quant à moi, ma libido personnelle est carrément née avec la libération sexuelle, c’est une question d’âge. Quand il n’y avait pas encore de libération sexuelle, je n’étais pas encore vraiment sexuel. J’étais un petit garçon en phase de latence, exactement comme la société qui m’entourait. Finie ma latence à moi, la libération sexuelle générale est arrivée – avec son lot de photos enfin esthétiques, d’explications enfin explicites et tout. Par conséquent, je ne saurais dire comment elle serait, ma sexualité, sans ladite libération. En l’état des choses, elle correspond à peu près aux nouvelles normes, celles édictées par une libération normative à son tour. Tout ça tombe bien, diriez-vous, mais c’est mauvais signe. Lorsqu’il en va de la liberté, le conformisme est toujours mauvais signe. Si je préfère, moi aussi, le sexe-joujou au sexe-outil ou au sexe-arme, si je suis un chaud partisan du jeu flemmard en la matière, cela peut être une coïncidence. C’est peut-être un pur hasard si je peux me compter parmi les gagnants de la libération en question, mais c’est très mauvais quant à la notion de liberté. S’il faut toujours y correspondre, la liberté, à juste titre on s’en branle, elle ne vaut pas son étiquette de prix.
Par chance, le jeu n’est jamais sérieux. Et heureusement, il paraît maintenant que les beaufs parmi nous, utilitaristes et militaristes, n’avaient pas tout perdu, eux, tant qu’ils savaient se débrouiller en privé, la position aidant parfois. Avec la publicité actuelle, ce n’est d’ailleurs pas qu’on empêche à la fin ces porcs indignes de profiter scandaleusement d’une libération faite pour ceux qui s’y conforment, mais sous le prétexte qu’il y aurait de
mauvais profiteurs, des suivistes contre nature, on s’attaque au principe de la liberté même. En vérité, la cochonnaille peut respirer : elle n’est atteinte en rien. Obéissant à l’injonction de parité, de féminisation plutôt, elle a simplement changé de bord. Alors que la liberté, illusoire si elle ne s’étend pas sur l’exploitation complète, bêtes incluses, s’esquive sous les bons soins des bonnes âmes.]

iv.

Is a vale any sexier than a peak
Is a hole holier
Is mystery more inviting
Than a bulge, a beak, a beacon?

You just jump into the unclaimed garden
Pick and strip that rose
Petal after petal:

The rim of the well isn’t hidden
And it’s the rim that shows the place
Where to seek pushed on by thirstiness.

Deep down there may be water but you can’t see it.
You may drop a pebble, hear it splash
And still – darkness. Is there a bucket attached and waiting?
Femininity is by no means surer.
Men can only have trust in the masoned-up rim;
The hope is theirs.


January 21, 2018

mardi 16 janvier 2018

Biographie

[Quand mon pied s’enfonce dans un tas de merde, je dis « Merde ! », et quand pour une fois j’ai eu du pot, je m’exclame « Quel pot ! ». Je nomme donc la chose. Quand je dis à quelqu’un « Eh, salut ! », nommant telle chose, elle n’est pas nécessairement déjà arrivée ; je ne constate donc rien, je ne fais que souhaiter. En revanche, quand j’ai dit « Merde ! », c’était trop tard, et quand je me suis exclamé « Quel pot ! », le pot en question, je l’ai déjà eu. Comment distinguer lorsqu’on dit quelque chose si c’est une constatation ou un souhait ? Souvent, c’est la déveine qui nous l’apprend. M’exclamant « Vie de merde ! », je fais à coup sûr un constat, mais criant « Bonne chance ! », ce n’est très probablement encore rien qu’un souhait. Enfin, quand je dis « Merde ! » à quelqu’un pour lui souhaiter bonne chance, je me conforme à une convention qui veut qu’on exprime le contraire de ce qu’on est censé souhaiter. Ainsi, l’inavouable jalousie, si humaine face au possible succès d’autrui, a eu son mot à dire. Tout récemment, une dame, s’adressant à moi, s’est écriée à la fin « Bon courage ! ». Me l’a-t-elle souhaité, m’a-t-elle souhaité le contraire, ou voulu faire un constat ? Et tout cas, elle doit être au courant de certaines choses qui me sont encore cachées. Ce ne serait pas la première fois que quelqu’un d’autre connaît ma vie mieux que  moi.]


1. Lob des Weins

Zu viel Eisen im Blut. Meine Ärztin
Hat mir daraufhin quasi den Roten verboten.
Ich solle besser auf Weißen umsteigen, meinte sie.

Ich mag nun aber mal den ganz tintigen
Den so tanninreichen Saft des tiefen Südens.
Mehr als eine Geschmackssache ist das jedoch nicht.

In meiner Bestürzung vergaß ich
Zu fragen, ob die helleren des Ostens
Auch zu denen mit zu viel Eisen zählen

Und ob ein Schwarzriesling beispielsweise
Medizinisch gesehn, nicht schon halber Weißwein ist.
Denn das ermöglichte einen burgundischen Kompromiss.

                                   בורא פרי הגפן

Hab nie länger in Landstrichen gelebt
In denen keine Reben wachsen wollen, und
Wo man Weintrinken deshalb für erwähnenswert hält.

Die Dichter aus Nichtweinanbaugebieten
Oder Gegenden, wo sie ihr Zeug aufzuckern
Haben es bezeichnenderweise immer so davon.

Ich meinerseits kann literarisch
Mit Rotwein kaum etwas verbinden.
Gedankenlos schütte ich ihn in mich hinein.

Wenn es denn sein muss
Weil zu viel Metall dem Körper schadet
Will ich zur Not umsteigen auf alltäglichen Gamay

Und hin und wieder Pinot noir, weil im Sonderangebot
Oder gar die Sorten, die ich aus der Jugend kenne
Doch daraus wirklich kein Thema konstruieren.

Es soll hier nur erwähnt werden, dass
Gerade das, wovon der Dichter sich nährt
Am besten unerwähnt bleibt in seiner Dichtung.


2. Grimoire

Si je m’achète parfois un pavé énorme
Ce n’est pas pour le lire en sa totalité
Mais pour jeter un œil, un seul chapitre informe
Assez quand le roman a quelque qualité.

Seulement, il faut que ce soit moi qui feuillette
Pour choisir les extraits qui feront tout l’ouvrage ;
N’ayant en main qu’un mince abrégé, la cueillette
Ne m’intéresse plus, il me faut mille pages.

Telle ombre pour témoin, tel mort qui se reflète
Plus vivement dans la psyché des jours vécus :
Trop paresseux pour me farcir ma vie complète
Je ne la vis qu’ici et là, distrait, perclus.


10 Janvier 2018

dimanche 7 janvier 2018

Ein Wahlspruch unter anderen

    Freiheit! geht die Parole, und ihr wisst
Auch gleich, wie es gemeint ist, denn es gibt
Nur eine, die greift tapfer zu und frisst
Was man ihr vorwirft oder in den Rachen schiebt.

    Der Hunde Freiheit ist ihr Napf, mir freilich
Gibt das durchaus zu denken und ich denke
Mich tapfer frei, der Vorgang ist abscheulich
Muss wer mitansehn, wie ich mich verrenke.


    Gleichheit ist im Gesetz verankert und
Man findet Gleichheit selbst in der Natur:
Sich gleichen Samenstrang und Nabelschnur
Und gleich sind Milchkanal und Kinderschlund.

    Ich bin auch völlig gleich mit dem Geschwätz
Das in mir brodelt, und das gleicht den Lehren
Die ihr mich zwingt, mir wortlos anzuhören –
Gleichheit ist schließlich ein Naturgesetz.


    Brüderlichkeit sei auch, nicht wie bei Brüdern
Die sich am frischen Grab ums Erbe prügeln
Doch nach der Sangesbrüder Art, mit Liedern
Um klangvoll Differenzen wegzubügeln.

    So sollen alle Brüder sein, gleich jenen
Die dumpfe Eintracht üben im Verein
Nur nicht wie echte Brüder Brüder sein
Guten und Bösen, Hässlichen wie Schönen.


12. Oktober 2016 & 2. Januar 2018

samedi 6 janvier 2018

Sailors May Die on a Whim


1. Shipwreck

Dozens and dozens of dynasties ago
Caught in a tempest by the South China Sea
Swallowed up was a ship overladen with crockery.

Dozens and dozens of dynasties later
A calm sun glistening over the South China Sea
Treasure divers went down to retrieve the ancient chinaware

But not did they haul out of the depths the ship itself
Plundered empty, henceforth doomed
To forlorn dissolution.

In the case of a brimming vessel
The procedure seems acceptable, if lacking elegance;
I will spare you my take when it comes to the ambition of some
_____________________________________________men.

To end up ransacked, plain alone and
Abandoned to woe, destruction, ruin, and decay
In these people counts among glorious life’s eventualities.

As for their trove of objects of desire
A freight not utterly guiltless of the disaster
I, on my part, would prefer it left down in the dark.

Not only would that benefit the morale of the wreck
But above all, it would lead us to imagine that justice exists
And that we have laws valid even throughout times of ghastly
________________________________________turbulence.


2. A Riddle

The surface of the sea in fair weather
Could be compared to some
Dirty window pane.

The surface of the sea in storm
Is like while washing
The said pane.

When the storm is over
The surface comes
Dirty again.

Apparently, there is no function
To maritime climate
conditions.

Sailors
May die
On a whim.

[Wenn die Sonne aus einem bestimmten Winkel auf die Fensterscheiben trifft, erkennt man an den dann deutlich sichtbaren Schlieren, dass diese Fenster ungeputzt sind. Aufgrund ihrer Ostlage passiert das allerdings nur morgens, und da ich kein Frühaufsteher bin, weiß ich gemeinhin nichts von diesem Zustand meiner Fenster. Nur an wenigen Wintertagen tritt der Zeitpunkt meines Aufstehens mit jenem zusammen, an dem die Sonne noch in einem Winkel steht, der genannte Unreinlichkeiten sichtbar macht. Um die Jahreswende fällt mir dann plötzlich auf, dass ich hinter total verdreckten Scheiben lebe. Aber wer reißt in bitterer Kälte schon die Fenster auf um sie zu putzen? Wenn die Klimabedingungen wieder so sind, dass man es tun könnte, habe ich den Tatbestand längst vergessen.-
Ich schreibe Gedichte für die Schublade, wie man das nennt. Also Gedichte, die keiner drucken will, und die dadurch niemals in die Lage kommen, öffentlich das Licht der Welt zu erblicken und von Sonnenstrahlen getroffen zu werden. Sie sind gleichsam wie Fenster, die möglicherweise viele unklare, ja unappetitliche, Stellen aufweisen, aber keine Kritikersonne weist mich, ihren Schöpfer, darauf hin. Doch erreichte mich ein solcher Hinweis, wäre es garantiert ebenfalls im tiefsten Winter, also nicht in einem Augenblick, wo er mich zum Handeln bewegen könnte. Ich wüsste übrigens auch kaum, womit man schlierige Dichtwerke in völlig durchsichtige verwandelt.]

5. Januar 2018

mercredi 3 janvier 2018

Déchettologie


1. D’un naufrage

Il y a des siècles
En mer de Chine déchaînée
Fit naufrage un navire trop rempli de vaisselle.

Des siècles après
En mer de Chine très calme
Des plongeurs remontèrent la belle porcelaine

Le navire, lui, ils ne le remontèrent point.
Dépouillé, esseulé, il fut abandonné
À sa disparition définitive.

Dans le cas d’un moyen de transport surmené
Ce procédé me paraît acceptable quoique peu élégant ;
Je vous épargne mon avis quand il s’agit d’humanité ambitionnée.

Finir pillé, passablement seul
Et abandonné jusqu’à disparition définitive
Chez ces gens-là, est dans les éventualités existentielles.

En ce qui concerne les choses désirables
Chargement excessif coresponsable du naufrage
Personnellement, je préférerais les laisser au fond du trou.

Ceci ne profiterait pas seulement au moral de l’épave
Mais nous donnerait en outre l’impression que justice existe
Et qu’il y a même des régulations valables dans les pires tempêtes.


2. Attention à ce qu’on veut adopter

Un petit bout de truc avec un poisson dessiné dessus
Fut jeté à la mer, puis adopté par les sardines
Et intégré dans leur bel ensemble.

Quand l’essaim avançait, hardiment il avançait avec.
Quand l’essaim s’enfuyait, peureusement il s’enfuyait avec
Mais quand l’essaim s’alimentait, lui ne s’alimentait pas vraiment.

Vinrent des requins pour s’attaquer à l’ensemble.
Mangèrent toutes les sardines et mangèrent le déchet avec.
Si ça ne peut pas manger correctement, ça peut être mangé, ça
_____________________________________________oui.

C’est qu’il est tout en bas de la chaîne alimentaire.
Peut pas bouffer, le malheureux, mais peut être bouffé ;
Il faut prendre en pitié l’immangeable par nature, non par sort.

Disons-lui une messe, à notre frère
Une messe maritime comme pour les naufragés :
On n’est chez soi que lorsqu’on sait faire comme les autres.

[Quand vous jetez, n’oubliez pas que tout finira à la mer, et quand vous récupérez, n’oubliez pas que tout nous vient de la mer. Que l’on pille les épaves ou balance un truc dans la cuvette, n’oublions pas le sort scellé portant le beau nom de « mer ».
Avant, on mangeait et on chiait tranquilles. Avant, chacun habitait son île avec une destinée bien circonscrite, mais en incorporant la non-limite, notre destin commun est devenu fluctuant, tout dépend désormais de ce que le libre arbitre rejette et de ce qu’il récupère – et toujours en rapport avec la flotte qui entoure, immensité en fin de compte pas aussi immense que ça. Pas plus qu’un vulgaire seau d’eau qui ne nous semble au-dessus de nos moyens que lorsqu’on se sent dans l’obligation de l’avaler d’une traite.]


2 Janvier 2018

dimanche 31 décembre 2017

Über Verständnis


1. Vom Schiffswrack

Vor Jahrhunderten
Versank im südchinesischen Meere
Ein Schiff, unachtsam vollgepackt mit lauter Geld und Geschirr.

Nach Jahrhunderten
Wurde es ausfindig gemacht. Bei Schönwetter
Stiegen Taucher hinab und brachten herfür Messermünzen und
________________________________________Porzellan.

Nicht brachten sie wieder herfür das Schiffswrack selbst.
Ausgeraubt, völlig vereinsamt blieb es seiner
Restlosen Auflösung überlassen.

Ich halte ein solches Verfahren im Falle überforderter
Transportmittel zwar für noch zulässig, aber schon reichlich
________________________________________unelegant
Und verschweige lieber, wofür ich es halte, wenn es um
_____________________schöpferisches Menschentum geht.

Ausgeraubt, völlig vereinsamt und
Zur Auflösung nur sich selbst überlassen zu sein
Ist hier kein unglückliches Einzelschicksal, sondern nahezu die
____________________________________________Regel.

Was die Unmengen von Messermünzen und Porzellan betrifft
Jene Ladung, die am Schiffbruch im Orkan nicht unbeteiligt sein
___________________________________________mochte:
Ich persönlich zöge es vor, genannte Hinderungsgründe dem
_____________________________Meeresboden zu belassen.

Nicht nur ginge es dem Schiffswrack moralisch besser
Sondern man könnte dann immerhin noch sagen, ja, es gäbe doch
So etwas wie Gerechtigkeit, und Gesetze, denen selbst Unwetter
_________________________________________unterlägen.


2. Vom Wortgeklimper

Ich mag dem Streuner, der bei mir vorbeischaut
Einen Brocken zuwerfen –
Zum Ausgleich, oder als Dank für seinen Hundeblick

Doch ich weiß auch
Dass das sein Leben nicht verändern wird
Und damit weiß ich alles, was ich über ihn wissen kann.

Zur Adoption
Ist so ein Streuner
Dann doch zu streunerhaft.

[Was jenseits des Verstehens liegt, ist allerdings Wortgeklimper.
Es gibt ohne Zweifel ein regressives Pläsier, sich von Wortgeklimper einlullen zu lassen, doch dann hat man es nicht mehr mit Literatur zu tun, sondern höchstens mit Psychotherapie. Dass man für Psychotherapie zum Beispiel auch Literaturpreise bekommen kann, sagt zwar einiges über die Juroren aus, doch nur wenig über die literarische Wirksamkeit ungezügelter Psychotherapie.]


31. Dezember 2017

jeudi 28 décembre 2017

Vom Leib, der hinter Mauern wohnt

Gleich nebenan wird ausgebaut, mich weckt allmorgendlich
Brutale Klopferei, sie läutet unbarmherzig Tag:
Der harte Stein hallt wider, aber nicht mein weiches Ich
Obschon es mitgetroffen wird von jedem Hammerschlag.

Wär, statt aus Fleisch, ich selbst ein Haus, oder mein Nachbarhaus
Mit alten Fenstern, zitternd und hell zu zerspringen drohend –
Die Hiebe, die man mir verpasste, hielte ich schon aus
So aber leidet stumm der Leib, der in den Mauern wohnt.

Die Nacht allein gehörte uns, die milde Dunkelheit
Vereinte und verwob Wortlosigkeit mit stummem Stein
Ob Haus ob Leib, doch in der Pein des Tagesanbruchs teilt
Sich wieder auf was nach Natur und Art getrennt soll sein.

28. Dezember 2017

vendredi 22 décembre 2017

Hey Look a Squirrel

Le cul sur une image m’intéresse presque plus qu’un cul en réalité. Peint, dessiné ou photographié, il est facilement nu, car les artistes semblent savoir ce que je veux ; puis, en général, ils se débrouillent pour me le montrer sous un angle particulièrement favorable. C’est tout à fait étonnant comme ces inconnus devancent mes désirs. Leurs images ayant été faites bien avant que je les ai vues, on pourrait parler de science infuse chez ceux qui représentent cette partie du corps qui, dans la réalité crue, se révèle le plus souvent pas mal banale. C’est que, dans la vraie vie, ce ne sont pas les artistes qui l’exhibent le cas échéant mais – nuance ! – leurs modèles en personne. C’est-à-dire n’importe qui voulant bien s’y prêter. 
Pourquoi donc suis-je dans une telle disposition dès que, venu de nulle part, un simple fessier dans le plus simple appareil s’affiche simplement sur une image et que, parfois, un simple trait suffit pour me l’évoquer ? Cette simplicité plurielle est le grand mystère de l’art – sa promesse comme on dit en marketing – rendant le choc, la distraction pour ainsi dire, instantané. Elle me fait penser à la rusticité du facétieux qui au milieu d’une discussion très sérieuse s’écrie : « Tiens, un écureuil ! » avec l’effet garanti que tous les regards se tournent aussitôt vers la fenêtre. 
En vérité, si l’écureuil se montre, ceci est hélas toujours dans l’ordre des choses. Qui, dans la triste réalité, aurait déjà vu ce rongeur arboricole grimpant, disons, l’obélisque place de la Concorde ? Et à quoi bon ? Uniquement dans l’œuvre d’art l’incongru est vraisemblable, et alors gage d’un inéluctable intérêt. L’obélisque en question signifiant tellement plus que la simple concorde, le cul, lui, peut devenir l’écureuil de l’existence.


Ein Findling unter finstern Fichten lag
Man hätte grad gemeint: ein Unterleib
Ins Moos gebettet, nackt seit Jahr und Tag
Allein für Fuchs und Has zum Zeitvertreib.

Ich kam dumm hergewandert, aber fand
Den Findling, ei, so glitzernd, glatt und rund
Strich schüchtern über ihn mit warmer Hand
Und küsste ihn erkühnt mit heißem Mund

Vor dem nicht ungetrübten Weitergehn –
Es war ja bloß ein starres Stück Natur
Wenn auch so zugänglich dem Missverstehn
Wie sonst geliebte Unterleiber nur.

Wärst du, begehrtes Fleisch, doch auch so kalt
Wie dieses alte, kalte, tote Stück
Glitzernd in einem finstern Fichtenwald:
Es gäb für uns kein Vor und kein Zurück.

Doch wärmer noch als meine Hand bist du
Noch heißer als mein Mund auf kaltem Stein
Und lässt mich, willig, denken immerzu:
Du warst nicht, bist nur, und wirst nicht mehr sein.


21. Dezember 2017

jeudi 21 décembre 2017

Winter


1. Alte Distichen

Wäre der himmlischen Macht ein unendliches Leben beschieden
Käme auch der kleine Mensch um das Hinscheiden herum.
– Wie das, mein Lieber? Was hat das denn miteinander zu schaffen?
– Weil zu dem ewigen Kind ewiges Spielzeug gehört.

Nichts ist mehr so wie es war. Eine Wandlung zum Bessern, zum
_______________________________________Schlechtern?
Soviel: Die Lust es mich zu fragen verging mir schon längst.

Früh kam der Winter; ich habe Körner gestreut vor dem Fenster.
Was durch den Frost schwirrt herbei ähnelt dem eignen Gemüt.


2. Alte Briefe

Ich las in alten Briefen alte Sorgen.
Es löste sich dann alles
Jugend verging.

Der selbst noch jungen Mutter machte das sorglose Tochterherz
___________________________________________Sorgen.
Begründet, unbegründet, es
Beruhigte sich dann doch alles irgendwie.
Bewegung ist erst wieder, wenn ich in den alten Briefen lese.

Mutter und Tochter sind beide gestorben.
Was soll meine Unruhe noch?
Ich hab diese Briefe geerbt
Nun schon in die eigene Stille hinein.


3. & 21. Dezember 2017

lundi 11 décembre 2017

Snug and Wild Mountain

Wenn ich nachts aufwache, aus einem Traum gerissen, richte ich mich in den Kissen halb auf – es ist eine gewisse Anstrengung dafür erforderlich – kneife die Augen zusammen und suche den Wecker, zwecks Beruhigung. Die roten Ziffern in der Dunkelheit, die erst bei zugekniffenen Augen lesbar werden, sind die Realität, und, sie erkennend, kann ich getrost wieder einschlafen, obschon ich, sobald ich erneut entschlummert bin, keineswegs spüren werde, ob ich noch fünf oder drei Stunden, oder nur eine einzige vor dem Morgengrauen habe. Am Morgen selbst erscheinen solche nächtlichen Kraftakte lächerlich. Doch so einfach liegen die Dinge nicht.

Ein geordnetes Haus auf einem wilden Berg zu bewohnen hat etwas für sich – etwa dann, wenn man dieses Haus verlässt, aber auch dann, wenn man sich dorthin zurückgekämpft hat. Allein, es sollte kein Zweifel darüber bestehen, was Haus und was Berg ist. Dazu ist der Wecker da, mit roten Ziffern in der Dunkelheit, die man sich erst erarbeiten muss, obschon die Zeit, die einem verbleibt, nicht mehr gespürt werden wird und insofern gleichgültig ist. Denn die wirkliche Zeit wird in Wirklichkeit ja verpennt.


When outside blizzards brawl with peals of storm
I bleakly serve my time before the fireplace.
Call battered stir what is a high-built home:
To be locked up this cozy is a rare disgrace.

I dream of exploits, my own sack of Rome
While out there frenzied squalls churn rain and snow.
Don’t call it high-built stir, it is a battered home.
You got a quilt, so whip it on, be brave and go.


[Lorsque je me réveille dans la nuit, arraché à un rêve, je me dresse sur les coussins – ce qui ne va pas sans un certain effort – je plisse les yeux, puis je cherche l’écran du réveil, afin qu’il me rassure. Les chiffres rouges, perçant l’obscurité mais lisibles uniquement les yeux plissés, sont la réalité et, la connaissant, je peux me rendormir en paix, bien que, à nouveau en sommeil, je ne sentirai pas si j’ai encore cinq ou trois heures devant moi, ou rien qu’une seule avant l’aube. Le matin même, de telles prouesses nocturnes paraissent ridicules. Or, les choses ne sont pas aussi simples que cela.

Habiter une maison rangée en haut d’une montagne sauvage a ses avantages – par exemple au moment de quitter ladite maison, et aussi quand, laborieusement, on a réussi à y revenir ; seulement, il ne faut pas douter de ce qui est maison et ce qui est montagne.C’est pour cela qu’on a l’écran du réveil avec ses chiffres rouges dans l’obscurité, chiffres qui exigent quelque peine pour pouvoir être lus, bien que le temps qui te reste ne sera plus ressenti et, en ce sens, sans importance. Puisque le temps réel, en réalité, se passe en roupillant.]

11 Décembre 2017

vendredi 1 décembre 2017

On Disrespect

    « Je vous prie, monsieur, de vouloir bien être mon maître […]. Vous ne trouverez jamais de disciple plus docile et plus souple que je le serai. Bien loin de m’offenser de vos corrections, je les prendrai comme les marques les plus certaines de l’amitié que vous avez pour moi. »
    Sachant que l’esprit et le corps font un, et qu’il n’y a pas d’esprit sans corps : ce que, en février ou mars 1737, le jeune et galant Frédéric écrit à Voltaire, de nos jours pourrait facilement passer pour des propositions. Ô siècle ingénu, où un prince royal peut se proposer innocemment à son penseur adoré, car tous deux poudrés, emperruqués et vêtus de soieries froufroutantes, et l’un d’eux par hasard guère accessible au monde féminin.
    En ce moment-ci, le dieu de l’un étant celui de l’autre, ils se disent à juste titre être l’un celui de l’autre, convaincus que le seigneur du ciel, s’il existe, se désintéresse de nos bagatelles.
    Or, comme dans n’importe quelle adoration, le seul maître de tous, savoir le temps, se contentera de jouer la montre. L’adoration d’un semblable disparaîtra sous les coups de la présence de même que, depuis toujours, celle d’un être suprême a dû subir quelque dommage après une épiphanie ratée. Seule, l’éclatante beauté du billet trouble subsistera, beauté qui n’est peut-être rien d’autre que celle d’un siècle pas moins grossier et inconscient que tous les autres.

It seems that young prince Frederick
Proposed himself to one Voltaire
Who, stiff enough, would get no kick
From spanking royals, however fair.

Heinie’s dashed hopes for bruises triggered
A bloody mess of seven years.
Let that sink in: All buts considered
War starts when Prussians quell their tears.

Well, wise philosophers neglect
A wee dislike, rein in their dryness
And proudly bow to any Highness
Whose privacy claims disrespect.

December 1st, 2017

dimanche 26 novembre 2017

He Too

Il faut voir les choses dans le cadre historique.
Moi, par exemple, je préfère nettement le déboutonnage au dézippage, et le délaçage au déboutonnage. Mais plus encore, j’aime rentrer ma main dans une fente textile sans lacets ni boutons. La forme la plus ancienne, primitive, est la plus intéressante.
Le fond a été touché avec le velcro (ou scratch). Le geste est affreux et le bruit qu’il fait hideux, excluant pratiquement toute charge érotique. Je suppose que c’est aussi pourquoi depuis peu le soi-disant harcèlement est prohibé. Au temps du troussage et de la soie crépitante, la transgressivité participait de l’exercice amoureux, mais à une époque où l’on en est au velcro, n’ayant plus aucune classe, elle a perdu à juste titre sa raison d’être.


Where should we hang old Fragonard
In Sexual Harassment era?
His was a time those charms went far
And he himself their standard-bearer.

Not sure that bon papa Frago
Condemned what he showed great endeavor
To paint, the only thing we know
Is that poor times are gross as ever.


[Man muss die Dinge im historischen Rahmen sehen.
Ich beispielsweise knöpfe lieber auf als dass ich an Reißverschlüssen zerre, und noch lieber als Aufknöpfen ist mir das Lösen von Bändern. Am allerliebsten aber greife ich in knopf- und bänderlos Überlappendes. Die ältesten, ursprünglichsten, Formen sind die interessantesten.
Der absolute Tiefpunkt heißt Velcro oder Klettverschluss. Ein abscheulicher Vorgang und widerwärtiges Geräusch. Erotik ist hier praktisch ausgeschlossen. Ich nehme an, das ist auch der Grund, warum die sogenannte
Übergriffigkeit neuerdings so geächtet wird. Sie war im Zeitalter von troussage und rauschender Seide ein Moment des Liebessports, aber hat in einer Velcro-Epoche ohne jede Klasse mithin ihre Daseinsberechtigung verwirkt.]


25. November 2017

samedi 25 novembre 2017

Von Bedeutung


i.

Ein durchaus bedeutungsloses lyrisches Ich
Mit ganz bedeutungslosen Erfindungen, lebend
Und sicher auch sterbend in Bedeutungslosigkeit
Daraus sich die Frage, was Bedeutung bedeutet, ergebend.

Lange stand auf dem Weg zu dem Ich ein starrköpfiger Baum
Im Hof einer verlassnen Fabrik, und er grünte jahrein
Und warf Laub ab jahraus, leise rauschend in ewiger Stille
Und fiel erst der Sanierung zum Opfer, es musste so sein.

Zweifellos von Bedeutung erscheint die Idee des Erneuerns
Sehr von Wichtigkeit städtische Planung und Baupolitik
Und bedeutungslos die unbelehrbare Vegetation
Sinnlos wuchernd im Hof einer längst aufgegebnen Fabrik.


ii.

Wer seine Zeit hinter sich hat, sollte abtreten dürfen
Und wers zu Bedeutung nicht bringt, nach Bedeutung nicht fragen
Und tut er es dennoch, darf er hinterher auch nicht klagen
Wird der Grund umso dunkler je tiefer er eindringt beim Schürfen.

Ich hielt leider von jeher nur die Dinge für wirklich wichtig
Die schon zu haben ich glaubte, jedoch merkte endlich:
Was mir bedeutsam schien, all das besaß ich nie richtig.
Die Trauer um so viel Verlorenes ist wohl verständlich

Obschon keinesfalls zweckdienlich; gar zu bedeutungslos blieb
Was ich mein Eigenes nannte. Ach, waren es keine
Goldklumpen, so eines Goldwäschers Pfanne und Sieb.
Kam Eisenkies hebend wenigstens mit mir selbst ins Reine.


25. November 2017

jeudi 23 novembre 2017

Dreisatz V. Militaria


1. Fog Soldiers

Provenance and origin
Worn as uniform on their faces
They still seem to emerge from nowhere.

An entire platoon of soldiers
Who seep out of the fog and swarm
Noiseless, bearing the weapons of their class.

The threat they constitute
To our winter-stricken no man’s land:
There isn’t much to loot and ravage any longer.


2. Dans ma paisible solitude


On ne connaît pas trop
L’état d’esprit des soldats en pleine action.
On suppose qu’ils sont ni tristes ni gais
Mais pleinement occupés à sauver leur propre peau
Et qu’ôter la vie aux autres
Ne leur procure aucun plaisir
Au-delà de celui, bien modeste, d’en avoir réchappé eux-mêmes.

La vie que, moi, je mène
Est loin de celle d’un belligérant
Mais, moi aussi, ni gai ni triste je tente de m’en sortir.
Dans ma paisible solitude
Le fait de ne pas avoir affaire aux autres
Ne me procure aucun plaisir
Au-delà de celui, bien modeste, d’échapper ainsi à moi-même.


3. Nicht, was ihr in der Schule lernt

Andenken mitgebracht, Opa, vom schrecklichen Kriege?
Ja, ein Vergessen. Will nichts mehr von alledem wissen.
Ist nun so, als sei ich niemals beteiligt gewesen
Hätte schon diese Zeit fernsehend verhockt auf den Kissen.

Dasein ist Kampf, auch wir Großväter wollten nach Hause
Ertrugen ja selbst unser Morden und Totschlagen kaum.
Willst du mirs vorwerfen, mir, im gemütlichen Sessel?
Das Leben ist nicht, was euch vorschwebt; das Leben ist Traum.

16 - 19. November 2017

mercredi 22 novembre 2017

Herbstsaturnalien, Verzicht


i.

Er richte sich aufs Sterben ein
Wird langsam Zeit.
Wer sollten Seine Erben sein?
Wer wär bereit
Sich mit dem Seinigen noch zu belasten?

Um sich allmählich vorzutasten
Ins Nichts, betrachte Er Sein Gut
Im vollen Haus
Und sammle allen Seinen Mut
Und sondre aus.

Sein Haus ward eng vor lauter Müll
– Das ist die Lage –
Oder den Schätzen, wenn man will
All Seiner Tage
Grad als bestünde Atemluft aus Sachen.

Wer nach Ihm soll sich was draus machen?
Er richte sich aufs Sterben ein
Und Leichtigkeit.
So dürft ein Rest von Leben sein
Auf Sterbenszeit.


ii.

Und es muss noch verzichtet werden
Auf Verschwundenes.

Ausschlagen.
Abschlagen.
Eher lasse ich mir die Hand abschlagen
Als dass ich etwas unterschreibe.
Aber schon ist unterzeichnet mit dem blutenden Stummel.


iii.

Was ist riechen? Was ist stinken?
Was ist wünschen? Was, verlangen?
Ab wann säuft man statt zu trinken?
Alles hat klein angefangen.

Was ist essen? Was ist fressen?
Was schon tot sein, was noch ruhn?
Alles endet in Exzessen
Wenn wir es von Herzen tun.

Tu nicht einmal etwas wollen
Riech nicht, dufte höchstens, Kind.
Dreck ist da, sich drin zu rollen
Weil wir maßlos, Ferkel, sind.


20. November

mardi 21 novembre 2017

Les enthousiastes


i.

La sagesse des anciens Chinois, dis-tu
Ah, la sagesse.
Les Chinois que je connais ne sont pas plus sages.
Mais les anciens, dis-tu.

Enthousiastes sont les jeunes, alors les vieux
Leur manque d’entrain :
Ce n’est pas que leur corps
C’est que leurs envies ne sont plus de ce monde.

Participer au festin signifie se remplir la panse
N’importe comment.
Tu ne peux pas te barrer le ventre encore à moitié vide
Au prétexte que la nuit tombe.

ii.

Quand la pluie tombe fort
Et le chien fait le mort
Ma citerne s’emplit
Et le vœu s’accomplit.

Quand le ciel grille tout
Halète mon toutou
Et mon éponge armure
Devient d’autant plus dure.

Lorsque les temps alternent
Tels les clebs aux lanternes
Mon terrible cœur suit
Et le jour et la nuit.

Oh, qu’il brûle, qu’il gèle
Ce chien est trop fidèle.
Toi, chaton, qui ronronnes
Que tu nous le pardonnes.

iii.

Le monde est bien fait, chaque animal connaît son rôle
Et l’homme, sans être bête, ignore le sien.
Moi, si l’on me demande mon avis, je le donne.
Le monde est bien fait, cet avis ne vaut rien.

Ce sont les plus grands qui se comparent à la faune décidée
Ils sont tellement énormes qu’ils ne sentent plus leurs bottes.
Moi, lorsqu’on me donne des consignes, je m’y conforme ou je
__________________________________________refuse.
Dans les deux cas, c’est un cas de conscience.

Le monde est bien fait, tout se paye.
Ceux qui savent ont encore de la chance si l’ignare les épargne.
Moi, on me marche dessus, tel un insecte ça m’écrase.
Alors trop tard pour m’entendre excuser la méprise.

Que la mort soit au bout n’explique rien.
Les animaux ne s’en formalisent pas, l’homme si.
Moi, quand à l’abattoir on prétend qu’ils ne se doutent de rien
Je ne suis déjà plus là pour contredire.

18 Novembre 2017

dimanche 19 novembre 2017

Speak Out or Keep Mum

Basically the same.
Luck has us have a common language
You should use it – nature uses it –
And not try out some birdish chirp
Or the slow-thinking grasses’ swishing parlance.
Do not parrot this gust announcing rain
Nor the stutter of a mock hermit talk-of-the-town.
You shouldn’t envy feathers having their idiom
And humbly leave the telling rustle to the verdant and very air:
Make no burlesque of utter solitude, aspiring poet.

Sheer luck has build the bridge of either gap or silence.
Be blunt and frigging use what nature uses.

November 17, 2017

jeudi 16 novembre 2017

Mysteriöse Zikkurat

         Von selbst dichtet die Welt sich weiter.
                                            Loerke, Keilschriftzylinder


Keilschriftzylinder liefern ihr Geheimnis.
Im Adamslehm, der filigrane Zeichenfluss;
Vermerkt: Uralte Buchhaltung
Ein Horoskop für günstigen Geschäftsabschluss

Und auch, kaum unvermutet, ein so blumenreicher
Wie herkömmlicher Bettelbrief
Der drei Jahrtausend – wer mag wissen, ob
Erfolggekrönt – im Wüstenboden schlief.

Noch wirkt assyrische Magie: Den, ders
Nicht lesen kann, entführt sie auf den Thron
Belsazars, wild umtanzt von Hierodulen
Wie Dohlen kreisen um den Turm von Babylon.

16. November 2017

dimanche 22 octobre 2017

Dreisatz IV. Naturans


1. En allant aux champignons

Lorsque, tentant de me sevrer, pour une fois
Je me suis promené dans la forêt, malchance
M’a encore dirigé sur cette apparence
Trop familière, s’érigeant droit devant moi.

Alors je me suis dit : l’endroit où l’on déstresse
Par besoin de grandeur, pour élever son âme
Sans être un corps humain, restant phanérogame
Ne manquerait jamais d’engins à la redresse

Ithyphallique en rencontrant leur visiteur
Et que les jeux sont faits, la forêt nous ressemble
Trop en cela, n’étant pas juste un bel ensemble
De pins qui poussent tels nos jambes en hauteur

Mais qu’elle aussi a sa nécessité qui pousse
Sans trace de pudeur au milieu de la mousse.


2. Sanfter Dialog

Was lässt du dir denn rote Rosen schenken?
Die todgeweihten Schönen für die Vase
Verschnüren nur das Herz, ein Überrest
Von Sterbensnot steigt süßlich in die Nase;
Allein das böse Wort Schnittblumen lässt
An den Schnitter und eine Beerdigung denken.

– Glaubst du, der Rosenstrauch so ganz für sich
Im Winkel führt ein lebenswertes Leben?
Er blüht und wartet doch nur auf Besuch
Um seinem Duften einen Sinn zu geben
Und steht er abgeerntet, war kein Fluch
Jemals so voller Glück und wesentlich.

– So wie die Rose für dich duftet, pisst
Der Hund und furzt die wesentliche Kuh
Für dich. Wer denkt, er sei zu Recht geboren
Muss einen an der Semmel haben, du;
Und hat laut Marx dies Recht schon halb verloren –
Als Daseinszweck der Würste, die er frisst.


3. Acoso floral

Between the stems a sort of bud is shut;
To know if it will open up or not
See: shell of Venus.

Auguring penis
Up comes a silly spoon to probe and prod.
Is that a way to make one’s vivid beauty bud?

The times are rough when flowerage is cut:
Before bursting apart it’s turning rot;
Call it obsceneness...

Let naught be ’tween us!
You just ignore, you pubescent and flawed
Are in conclusion not as tempting as I thought.


October 15 & 22, 2017

samedi 14 octobre 2017

Oracle

When I was young I called up this one Nobelist. He told
Me he’d become quite blind and, anyhow, was now too old

To read young poets’ stuff but asked me things, greatly polite
And in the end assured me we shared so much more beside

A remnant of an Andalusian accent, for he’d grown
Up fatherless like me, he told me on that telephone.

And had we brought up privacies, he’d have discovered we
Had, young and old, even the same sort of sensuality.

But all this talking was to just no practical avail
Except this tacit lesson: Buddy, do prepare to fail!

The young one comes to nothing while the old one simply dies –
That’s what I’ve learned by calling someone with a Nobel prize.

October 14, 2017

vendredi 13 octobre 2017

Dreisatz III. Progressio


1. Alternativen

Kommt einer aus dem finstern Mittelalter
Und will hier abends gleich totales Licht per Schalter
Doch ist ihm offenbar nicht recht bewusst, eh!
Dass dazu jemand erst den Strom erfinden mussteh.

Entflieht so ein Prodüktchen der Moderne
Der innern Leere in beseelte Ursprungsferne
Dabei entgeht seiner gerechten Skepsis
Dass „Unberührtheit“ auch nur’n Zivilisationskonzept ist.

Wer träumt nicht von bewachsenem Gemäuer
Gar wilden Schattenspielen hinterm Lagerfeuer
Und will doch seinen klaren Kopf behalten?
So jedenfalls bleibt alles wun-der-schön beim Alten.


2. On Democracy

Whenever sitting all alone
On an unsullied china throne
I do hate staining it, that’s true
With fetid, autocratic poo
    Though that one, too, goes down the loo.

Mere loneliness is no excuse
For flagrant china bowl abuse
Royal solitude being just another
Stain among stains. Thou, humble brother
    Who art of one most common mother:

Come steal with me behind that door!
We shall be shitting on the floor
And representing one free nation
Engage in vivid conversation
    On how to settle abdication.

Not knowing neither gent nor churl
The vacant throne kept white as pearl
We shall create a Civil Code
And not get out before a vote
    About who should mop up the load.


3. Une Identitaire

Née dans la fiente, une mouche à merde criait :
« Je suis ici chez moi ! À quoi bon émigrer ? »
Et par la suite se mettait à dénigrer
Tous ces bousiers que l’on devrait rapatrier.

« Tout ce qu’ils veulent, prenait-elle alors la mouche
C’est profiter sans se faire chier de nos crottes.
Est-ce qu’en Bousiérie ça manquerait de chiottes ?
Moi, je me flatte d’être une mouche de souche. »

« Le patriote est forcément celui qui reste
Terminait-elle, pour amender son chez soi. »
Puis, joignant à l'appui de sa parole un geste
Lâchait sur son gros tas un tout petit caca.


8 et 9 Octobre 2017

lundi 9 octobre 2017

Werte, die keine Werte sind

Es ist dunkel, ich liege auf dem Rücken in meinem Bett und sage
______________________________________________mir:
Einmal werden diese Augen nichts mehr sehen
Diese Ohren nichts mehr hören
Und diese Haut wird nichts mehr fühlen, und das war es dann.
Was ich lebend empfinde, das sind Werte, die keine Werte sind.

Gestern habe ich auf dem Flohmarkt für sehr wenig Geld eine
____________________________________Schale erstanden
Wunderschön zerbrochen und kunstvoll repariert.
Es ist möglich, dass es sich um eine Song-Schale handelt
Möglich, dass sie aus einem Schiffswrack stammt
Es gibt dafür Indizien, doch sicher kann ich es nicht wissen
Und selbst wenn es eine Song-Schale wäre, wäre sie nicht
__________________________________besonders viel wert;
Sie wäre dann nur eben um die 800 Jahre alt.
Es ist erstaunlich, wie preiswert man auch dann schöne Dinge
______________________________________erstehen kann
Wenn sie nachweislich viele Jahrhunderte im Rücken haben.
Alter und Schönheit sind Werte, die keine Werte sind.

Es ist dunkel, ich liege rücklings im Bett und sage mir:
Unten steht jetzt eine Schale
Und wenn ich tot bin
Wird sich vielleicht keiner mehr darüber Fragen stellen.
Fragen sind auch nur Werte, die keine Werte sind.


Des valeurs qui n’en sont point

Il fait noir, je suis couché sur le dos dans mon lit et je me dis :
Un jour ces yeux ne verront plus rien
Ces oreilles n’entendront plus rien
Et cette peau ne sentira plus rien, et ce sera la fin.
Ce que vivant je ressens, ce sont des valeurs qui n’en sont point.

Hier j’ai acquis aux Puces pour un montant ridicule une coupe
Très joliment cassée et réparée avec art.
Il est possible qu’il s’agisse d’une coupe de l’ère Song
Possiblement sortie d’un naufrage
Il y a des indices en ce sens mais je ne peux le savoir avec certitude
Et même si c’était une coupe Song, sa valeur ne serait pas énorme ;
Seulement, elle aurait dans les 800 ans sur le dos.
Il est étonnant comme de belles choses peuvent être peu chères
Même si c’est prouvé qu’elles datent d’il y a plusieurs siècles.
L’âge et la beauté sont des valeurs qui n’en sont point.

Il fait noir, étendu sur le dos dans mon lit je me dis :
En bas, il y a maintenant une coupe
Et quand je serai mort
Peut-être plus personne ne se posera des questions à son sujet.
Les questions, elles aussi, ne sont que des valeurs qui n’en sont point.


4 Octobre 2017

dimanche 8 octobre 2017

Dreisatz II. Eruditio


1.

One dubbed his mate foramen ani and
This mate named him glans irrumata but
None knew more Latin than the other friend
Nor had a learned cock or literate butt.

They who are calling names their hearts’ desire
Should be applauded by the bulk of boors;
There is antiquity in intercourse
And so much Romanness in chanting fire.

There is more class in penetrating holes
Than violence in pulling foreskin rolls
Less erudition in the search of light
Than lust in piercing someone’s inner night.


2.

Bevor die Nacht kommt, wird es erstmal finster.
Die Bildungsferne sehr bekannter Künstler
Ist kaum bekannt, doch noch im Zwielicht sichtbar:
Am schwärzesten wirds da, wo vorher Licht war.

Die Bildungsnähe ausgemachter Deppen
Ist freilich harmlos, sie tritt nicht zutage
Und wo sies tut, stellt höchstens sich die Frage
Warum nur Deppen Sperrmüll mit sich schleppen.

Drum haltet ihr euch beim Künstlern leicht bedeckt.
Wollt ihr heraus aus eurer Einsamkeit
Ans Licht, passt auf, dass ihr es nicht erschreckt:
Bevor das ganz ausgeht, herrscht Dunkelheit.


3.

Une blondasse et un con à lunettes
Se tripotaient dans une nuit profonde
L’un demandant :« C’est moi, c’est toi, la blonde ? »
L’autre disant « Ma vue n’est pas très nette. »

J’ignore qui – le con ou la blondasse –
Pendant l’excès avait la vue trop basse
Mais je sais qu’un seul des amants portait
De ces hublots en pleine obscurité.

Vous, ayant la culture et le savoir
Et assez de lumières pour bien voir
N’hésitez pas à jouer à l’ignare
En profitant d’une nuit vraiment noire.


3 Octobre 2017

samedi 7 octobre 2017

Dreisatz I. Realia


1. Du déménagement

Quelques décennies
D’accumulation d’expériences
Puis on s’en va. Et les expériences avec.

À quoi bon les accumuler
Si c’est pour les voir disparaître ?
Et l’héritage, et le legs, vous connaissez ?

Mais on l’emporte au paradis, cher camarade
Grenier bourré jusqu’au plafond
De souvenirs périmés.

Y a-t-il de la place là-haut pour tout ce barda ?
C’est simple : les gens viennent avec
Puis ça débarrasse en bas.

Une tombe est étroite mais
La phrase « Tu ne l’emporteras pas ! »
Est la plus sotte qu’on ait jamais pu prononcer.


2. Vom Universalitätsanspruch

Die Kindlichkeit soll rein sein
Unkindlichkeit, unrein.
Was dir gehört, soll dein sein
Was mir gehört, sei mein.

Der klügste Mensch hieß Einstein
Den Dümmsten kennt kein Schwein.
Unpopulär will keins sein
Der Menschenfeind, allein.

Was klein bleibt, will auch klein sein;
Ein Hund, der pisst, hebts Bein.
Wer was nicht will, soll Nein! schrein;
Wers doch kriegt, sich fein freun.

Die Welt ist schnell erklärt
Falls man dir brav zuhört.


3. Universal Treasure

Gold is one stuff we all dig and prize and shit
No one would barter it for others’ feces
The man who’d wipe his ass with Holy Writ
Still knows how venerable dirty gold is.

Can’t eat it up, nor nibble with pure pleasure
Dejection, nor the Bible, nor a thought
Just bite the coin of universal treasure
To find out if that’s genuine or not.

An evening gold must dye the dying facies
Of leaf and sheet before the test of time
Will equalize and ashes come to ashes
And night will fall to mingle thine with mine.


September 29, September 30, October 1st, 2017

jeudi 28 septembre 2017

A Smattering of Life

À travers le feuillage
Posé sur la moitié d’ombre
Voici un papillon à tête de mort.

Vent du soir fait frémir les feuilles
Ainsi que les ailes moirées du sphinx
Comme si elles étaient encore des feuilles.

Le tressaillement d’une tête de mort
Lui confère un semblant de vie –
Souriant semblant qui leurre.

Ce sourire dit à tout : Non, merci !
Il est courtois mais il dit :
Non, merci !

Le geste final est
Un petit sourire qui refuse
Ce que l’ombre propose encore.

Puis l’œil se ferme
Comme en réponse à la
Caresse de la nuit tombante.

27 Septembre 2017

mardi 5 septembre 2017

Frontière

Lumineuse est la frontière.
Le douanier dans sa guérite scintillante
Clignotante de mille feux, mille couleurs
Telle la vitrine de Noël d’un grand magasin –
Entièrement nu apparais-tu devant lui, il te détaille
Dans toute ta splendeur
Bienveillant ou sévère, c’est selon
Et peu importe : incorruptibles sont
Les yeux perçants de la frontière
Et ta splendeur et le fonctionnaire.

Sens-tu le sable ?
Entends-tu ces clochettes ?
Elles tintent aux chevilles de chameaux.
Voici les rois mages partis de fort loin
Enfin parvenus au poste, déclarant leurs cadeaux.
La belle affaire.
Le douanier, roi de son droit, l’égal des mages, leur
Souhaite bonne continuation
Dorénavant dans son pays, et les trois de sourire
Et les chameaux de grimacer
Et la caravane de lentement se remettre en marche.
Grands personnages ou petits :
Où irions-nous sans nos frontières ?

Le monde serait morne, un paradis sans éclat.
Nos frontières sont les sœurs de nos phares
Qui circonscrivent le royaume de l’océan aléatoire
Inébranlables érections
Sur leur rochers bruns, embellis de ressac.
Ainsi la tempête sait à qui parler, sinon
Elle déferlerait en vain ;
Dans sa soif de débat houleux
Elle a l’écume débordante
Seulement avec les phares, les frontières.
Que le ciel nous préserve les murailles
Questionnées de grandes vagues.
Ô, juste ciel, bâtisseur des plus augustes !

Ai-je trop dit ?
N’es-tu pas trop limité par tes frontières ?
Es-tu libre face à elles ?
La frontière est l’orée d’un glacier
Qui annonce le trop haut, ou le trop loin.
Dois-tu stagner à jamais ? Nullement.
Attiré par la menace d’une frontière
Tu l’envisages en mer de glace
Et elle te le rend bien :
Sur le pont du Pourquoi Pas ?
Emprisonné dans la banquise, sans
La vénération empêcheuse de progrès
Tu as le temps de l’admirer en son éternité figée.

2 Septembre 2017

mardi 29 août 2017

Wedge’s Thin End

    C’est sûr, il me manque quelque chose sur la tête :
Couronne, chapeau de magicien, auréole...
Ça ne peut pas tout bêtement s’arrêter comme ça
Avec ces quelques cheveux en duvet et rien d’autre
    Ayant commencé si bien, si bas, les pieds dans la fange
S’élevant alors en dignité jusqu’ à ma belle tête
Puis plus rien – ce n’est pas naturel, ça.

    Oh, je pourrais mettre mon vieux bonnet d’âne
Mais ça m’avancerait à quoi ?
On ne se caractérise pas soi-même
L’ennoblissement doit venir d’en haut.
    La tête socle d’un achèvement lumineux
Et pas fin en soi, vulgaire, obscure –
À qui le dis-je ?

    Si elle s’arrête tout à coup
Sur rien de particulier, haut portée, cette tête
Porte son accusation muette contre le ciel
Qui ne lui a rien trouvé de mieux
    Que de proposer d’en être lui-même
Comme ça, l’extension à juste titre attendue :
Sa couronne, son chapeau de magicien, son auréole...

    Moi, me grattant le crâne
Je le sens déplumé sous le soleil.
Où es-tu donc, phénomène climatique
En mesure de me constituer un fier panache ?
    C’est bien beau un Olympe fichu tel un coin dans le ciel
Il est bien beau l’impératif catégorique ; or
Quelle désolation là-haut où je finis !

28 Août 2017

Arole de 11 cm, poussant à 2765 m d'altitude © Urs-Beat Brändli / WSL

jeudi 24 août 2017

On a Doll’s Leg

“Mrs. Mountstuart Jenkinson, wishing to make a clear and perfect picture of human grace, said that Sir Willoughby Patterne had a leg.”  G. K. Chesterton, Trifles

Something’s poking out the pocket
Something sticking out the pouch
Like a doll’s leg while one’s lolling
In one’s boxers on the couch.

Your offense may go unpunished
(Warns a childish inner voice)
Yet there’s courage in disjointing
Lower limbs in girlies’ toys.

Mind crimes are the most presuming
When committed by the helpless:
They reveal one’s overriding
Depravation as mere selfness.

Some are torn in their stained boxers
Conscience-stricken on the squab
Try and shove back a slick member
That has its own pulse to throb

Figuring a moral poppet
Crippled by life’s turnabout
Hopping on one silken peg leg
While the natural pokes out.

August 24, 2017

mardi 15 août 2017

D’un tragique insupportable

[Im Fernsehen kam wieder einer von diesen Filmen, in denen sich Schauspieler ineinander verlieben, weil sie so „schön“ sind – d. h. blond, gesund und sportlich. So etwas deprimiert mich, ich schalte sofort um, wenn es vorkommt. Es mag durchaus sein, dass man sich nur deshalb in jemanden verliebt, weil die Person blond, gesund und sportlich ist – ich lese derartiges bei William Dickey heraus, und selbst bei Thom Gunn – doch mitansehen will ich es nicht. Ich kann es nicht glauben, und wenn es tatsächlich passieren sollte, halte ich es für ein Drama. Auf dem Bildschirm ist es mir zu traurig. Es hängt mit dieser nachgerade tragischen Vorstellung von Göttlichkeit zusammen, der wir namentlich im angelsächsischen Kulturraum begegnen. Halten wir uns den antiken Skulpturenschatz vor Augen, sehen wie allerdings nirgendwo Amerikaner. Apollos, die wir uns auf einem Surfbrett vorstellen könnten, gibt es nicht ; dafür waren die Olympier viel zu blond, sportlich und gesund. Wellenreiten wurde erst kurz vor Aids erfunden, von entwurzelten Masochisten, als die ganze schäumende Schönheit prompt in sich zusammenfiel und nichts als wieder der schiere Mensch unter den Brechern zum Vorschein kam. Das darf er aber nicht, um mit den alten Griechen zu sprechen. Der Europäer versteht das noch so halbwegs, und der Orientale weiß zum Glück überhaupt nicht, worum es dabei geht.]

Le matin, à peine réveillé
Je dois constater qu’une fois de plus
La perfection de la figure humaine a disparu.
Très présente dans le rêve, figure du rêve même
Lorsque je me vidange dans la cuvette
Suivant du regard le jet limpide
Elle a déjà fichu le camp.
Nettoyée, quoi, la
Brumeuse.

Et elle est allée où, dis donc ?
Rejoindre son monde de la perfection
Duquel, à peine urinant, je suis déjà exclu.
Je n’ai qu’à presser le bouton de la chasse d’eau
En me désolant qu’éternelle jeunesse se soit barrée avec.

Comment veux-tu que la perfection reste ?
À peine réveillé, tu cours aux chiottes
Comme si c’était la chose à faire.

Vas-y, pisse, mon gars
Puis traîne-toi dans la cuisine
Infuse ton thym, beurre tes biscottes
Et si tu avais un chien, tu le sifflerais doucement
Pour le caresser d’une main, tenant la tartine dans l’autre
Retrouvant la perfection dans les yeux pragmatiques
D’un gardien qui t’enseignerait la vie sans rêve.
Ou plutôt sans les rêves ayant justement
Figure prise pour humaine.

14 Août, 2017

dimanche 13 août 2017

Of a Confessional with no Biography

Je tâche de résister, alors que plus fort que moi ne résiste pas. 
L’air, qui est parmi les plus forts, peut-être le plus fort, ne résiste jamais, il contourne peut-être ; ainsi l’eau, la lumière, et même la terre, lourdeur d’un sol qui s’esquive sous mes pas, se dérobe, me fait perdre pied et néanmoins ne me trahit nullement, simplement ne résiste pas, étant infiniment plus grande force que moi, alors que moi, je tâche de résister. 
Pourtant, je suis plutôt de l’ordre du néant entre les choses qui sont, le néant qui fait vivre ce qui est et lui donne son utilité – on a besoin de l’esquif pour connaître la dimension des vagues, on a besoin d’un alpiniste pour savoir si c’est petite roche ou montagne – tel le blanc dans un tableau entre les taches de couleur, au moins ça. Je tâche de résister. 
Combat perdu d’avance. Alors que plus fort que moi, été en été, hiver en hiver, et passager au moment des passages, alors que plus fort que moi, sans jamais résister, était là avant moi, sera là après moi. 
Il est tout à fait inutile de me demander de l’imiter, de laisser aller, d’être été en été, hiver en hiver, et passager au moment des passages, ce qui ne résiste pas étant tellement plus fort que moi.

1. Life is a Mind Reader

Ich sitze kaum, kommt schon die Dame
Mit meinem Teller: „Ging ja schnell.“
– „Bitteschön, Herr, Ihre Bestellung
Ich wünsche wohl zu speisen, gell.“

Es ist nicht, was ich essen wollte –
Ein solches denk zumindest ich.
Hab etwas gegen Eingeweide
Namentlich dann, wenn säuerlich.

Hat sich getäuscht die Frau Bedienung
Oder bin ichs, der falsch gedacht?
Die Zweifel wachsen mit dem Alter
Wir werden blinder gegen Nacht.

Zu alt, die Sache aufzuklären
Bedank ich mich: „Ja, saure Nieren.
Können Sie denn Gedanken lesen?
Lernt man denn sowas beim Servieren?“

„Klar, mit der Zeit liest man dem Kunden
Vom Auge ab, was er begehrt.“
Ich würg es runter, Trinkgeld: fürstlich.
Ich schätze, was mir widerfährt.


2. Notice

I heard a petrel yell into the storm:
The cliffs where I soared up
Must be called home

Whatever I breast is gentle home again
And where I crash will necessarily
Be my eternal home.

Can’t fly away from it and still
All ocean has been, is and will be mine –
The only place where no home menaces is inside me.


August 12, 2017

samedi 12 août 2017

Yoga et modernité

En retenant très fortement ma respiration
Je réussis à créer un vide au niveau du bas-ventre
Ce qui fait que mon pénis se retourne comme un gant
Pour me rentrer droit dans le corps
Laissant la touffe toute seule, ébouriffée.
Même si cela ne me procure peut-être pas les sensations
Que l’on peut éprouver avec l’organe d’autrui en soi
Sur le plan spirituel, cet exercice me satisfait.

– Qu’est-ce que tu as fait de ta pièce attachée ? me demande
Effarée, la jolie personne devant laquelle je me suis dénudé
Tout fier de pouvoir lui montrer le résultat de mes efforts.
– Je l’ai aspirée, c’est une banale technique de yoga, dis-je
En cherchant à dissiper son effroi. Un prochain jour
Je compte y arriver les couilles incluses.

– Je trouve ton truc assez horrible comme ça, me répond-on.
Cesse de faire de ces jeux avec ton souffle, je t’en prie !
Moi, c’est simple : j’obéis à l’injonction d’une jolie personne
Et avec un petit plop ! le membre
Ressort comme s’il n’avait jamais été ailleurs –
Tout beau tout neuf, que demande de plus le peuple ?

– Ah, c’est mieux, fait la personne, et il est même si brillant
Qu’on ne devinerait jamais l’aventure qu’il a eue.
Toujours est-il que si tu reprends ton yoga à la noix
Tu peux faire une croix sur nos relations intimes
Car, chez l’homme, le sexe trop rétractable est une abomination.

– Les Hindous se sont entraînés pendant des siècles
Pour réussir ce coup, répliqué-je, et moi, vois-tu, je profite juste
De leur sagesse vieille de trois mille ans. Mais je
Conçois que les gens n’aiment pas les méthodes de contrôle
Inventées par une société divisée en castes et, en fait,
_______________________________________violentissime.

– De leurs castouzes je m’en fous, s’énerve la personne jolie
Et de leur violence pareil.
Or, si tu tiens à tout prix à la méditation, médite plutôt sur le fait
Que ce qui par nature est en dehors, doit le rester
Et ce qui est en dedans, doit le rester aussi
Quand on veut maintenir des relations fructueuses.
Progrès ou pas, trop d’élasticité tue l’amour.

– Je comprends ton point de vue.
Dorénavant, joli cœur, je m’exercerai en cachette.
Tant que les testicules
Ne s’introduisent pas avec
Il y a encore du chemin à faire.

11 Août 2017

vendredi 11 août 2017

Cornada Cases


1. On a Minor Case of Persistent Pubertal Gynecomastia

I clipped this picture of some youthful matador
– Head cropped off at the lips –
Getting dressed in a hotel room. Trousers
Are on, not so the rest of the traje de luces.

He bends his bare and hairless chest with
Broad, a teeny tad bit tumid nipples
A large medallion hanging from the neck. Left
Upper arm tattooed, the wrist wearing a bunch of bracelets:
Wish ribbon, silicone band, strands and bangles
To showcase the juvenile hand
While, unadorned, the right one, trained enough to deal death
_____________________________________________blows
For the time being seems to hold a needle.
On the bed in the background, recognizably
A smartphone.

I confess without blushing that
Mainly the transient flaw of puffy nips
Has made me tack this on my wall.

Boy doesn’t need his art to tease the beast, white flags
Will wave to grant two ears, the tail, plus someone’s balls – for he’s
Himself the bicho and has gored
A suitor with the mellowest of all protrusions
Pardoned, then exited on mildly aging shoulders that
Must bear a load for sure no heavier
Than what a photo weighs.


2. A Case of Imperforate Anus

The first torero, proud boy, found
His bunghole stuck somehow
And tried to cure this running ’round
The mad calf of a cow.

He called his dance a cattle fight
Convinced there was a mission.
A horn injury fixed that quite
Deplorable condition.

Some prophet came, horns on his nob
With a new code and ban:
“An intact anus needs no job
If Man stops bullying Man.

If y’all have some spunk left, dispose
Of guy-’gainst-livestock lore;
The ballerino’s pricky rose
Should know more ways to gore…”

Bawled he.-  I still clap when one digs
Carne de lidia, see –
It’s part of Nature’s ageless tricks
To dump virility.


August 10, 2017

jeudi 3 août 2017

Bragging of Options


i.

Quand on m’attrape, puis soulève dans la souricière
Afin de m’examiner de plus près
N’étant pas une souris

Dans ma terreur, je ne
Boulotte pas compulsivement mon appât
Cette carotte bien plus longue que moi, queue incluse.

Moi, sous l’œil du piégeur
La terreur me coupe sec l’appétit, et là
Si j’ai remangé, c’est parce qu’elle s’est un peu estompée.

La terreur ne s’en va pas, elle s’estompe
S’il n’y a rien de nouveau, elle
S’oublie sur le moment

Comme aussi les bonnes choses dans la vie, ternissant
Pour reprendre leurs couleurs époustouflantes
Dès qu’il y aura dudit nouveau.

Le chat rôde, et ses gros yeux aux pupilles fendues
Voient plus clair que celles des natures
Prêtes à se laisser attendrir.


ii.

There was no other route to reach
The place I longed to stay
But when I got there I had lost
All lust along the way.

Talking of roads, touting rough ways
Bragging of options – well
You just forget that when you get
Someplace it might be hell.

Treading the harder path will lead
You to the harder spot.
There’s no hardship-induced reward
For chosen plight, you clod.


August 2nd, 2017

jeudi 13 juillet 2017

Whereward


1. Apparition

Yet I beheld one pristine face where thousand were
    a throng of passers-by
That face, inscrutable, and I, aware to have
    it made up by myself
For it demands its share of wit to single out
    your pearl amid the beads.

While beauty may refuse to hitch up with dubious wit
    wit has to marry beauty
Bound and tied not by a fickle wedlock but
    spiritual commitment
That declares: Thou dost not need me, so be seized
    by force and violence.

I thus beastly embraced and ravished all of this
    calm countenance
Once dragged under a skull, ripped off its veil
    to immerse it into wit –
As if that were at stake when love defiles her face
    in spurting solitude.


2. Tumor Scan


Good news, so that
_______________ distress
_____________ _________could
____________________________melt away.

To get these news some test had to been made
A limpish thing unveiled and then inspected
Its little roll of skin withdrawn to check
If underneath there came some tumescence.

This flaccid thing with careful ruthlessness
Manipulated and no swelling bared
All keeping still, wrinkles and flab, the sheen
Of one mild knob that won’t degenerate –

Old age, I guess.
______________And thus good news ahead.
Where nothing frets, distress is on the skids
And once it’s dead, life may begin again.


July 12, 2017

mardi 4 juillet 2017

Evolution

Wahrscheinlich kommt es im Lauf der Evolution
Auch noch zu einfarbigen Zebras und Kurzhalsgiraffen
Denn zahnlose Tiger, so etwas wie Menschenaffen
Und ausgesprochen unkluge Sapiens – all das gibt es ja schon.

Zweifellos ist den langen Gesellen haushoch überlegen
Die stämmige Kurzhals, die ihr Laub vom Boden frisst;
So das Grauzebra seinen gestreiften Knastbrüdern, es ist
In Gesellschaften Mittelmaß immer von Vorteil, weswegen

Die geschäftige Menschheit nur noch etwas warten muss
Auf empfindliche Dünnhautnashörner, vegetarische Löwen
Faul schmarotzendes Bienenvolk und stumm weinende Möwen
Denn der Fortschritt ist unaufhaltsam und er geht bis zum Schluss.

5. Juni 2017

dimanche 4 juin 2017

Licht bricht

Licht bricht aus Fenstern
    und in Fenster.
Doch wenn das Licht aus Fenstern bricht
    ist draußen Nacht
Und wenn es in Fenster bricht
    ist draußen Tag –
So einfach ist es.
Es hängt nicht von den Fenstern ab.

Ich weiß etwas, mir wird
    etwas gesagt.
Doch wenn ich etwas weiß
    hab ich es erst lernen müssen
Und wenn mir wer was sagt
    Hat der es erfahren müssen –
So einfach ist es.
Es hängt nicht von uns beiden ab.

Ich wüsste gerne etwas schon
    zuvor:
Es bräche in mich wie Tageslicht
    und bräche
Gleichzeitig aus mir selbst heraus
    In andrer Leute Nacht –
So geht es aber nicht.
Die Tageszeiten wechseln einfach ab.

3. Juni 2017

samedi 3 juin 2017

Nominal, Capital


“And teach the soul it wears the face and coat / Which that lucidity obscures.” Michael Donaghy

1. Nominal

Some mutt breed said I certainly don’t
Know where I’m from, you can
Just find out who I am.
So take me at face value, man.

– At face value I cannot take
Any lousy mutt breed;
Might happen that it will
Bite the hand reached out to feed.

– So I shall be a bloody liar
So I shall be your foe.
Take that at face value, man:
I shall be the one you shall know.

– You’re a sheer showboat, a grandstander
I said, your lies are poor;
I know your dad and mom:
You’ve never been mutt-bred for sure.

That dog assured me it knew better
Believing its own poo.
At face value I’ll take it, then –
One sniff at it, and that’ll do.


2. Capital

A crime was far from consummate
Nevertheless the passion’s victim died.
Who’s not a judge must take a side:
Punish, acquit or recommit.

The crime was sanctioned by a sentence
The sentence by its execution
For some romantics cherish the illusion
That execution meets repentance.

I who have no illusions left
Myself selected may agree
About the crime and its degree
Yet of all judgment likewise am bereft

Nor do I know who, then, should foot the bill
Of rights or wrongs. When things are too
Botched up for being false or true
The only truth flows from a quill.

Black warrant past summation writ:
Tip of this murd’rous pen or of that knife
Stabbing one’s love to death from life –
Dashing decision, in a fit.


June 1st, 2017

dimanche 14 mai 2017

Testament et nénie


i.

L’an soixantième de mon âge
Ne restait plus rien de ma rage
Ne restait rien de ma sagesse
Venue prudence, la vilaine.

De mon âge, à la soixantaine
Une fois consommée la haine
N’était restée que gentillesse
Oui, gentillesse, la traîtresse.

Ladite soixantaine atteinte
Et toujours entre espoir et crainte :
Espoir à la raison partie
Crainte sans plus de compagnie.

D’amis n’ai plus aucune trace ;
La soixantaine semble grâce
La solitude semble sainte
Mais sainte sans sa tromperie.

– Que veux-tu donc que l’on y fasse ?
Le jour s’en va, tournez la page
La nuit s’étend, dite est la messe.
N’as-tu rien dans ton bas de laine ?

– Ma prévoyance, rien que feinte :
Dissipées, mes économies
Et sans savoir par quel usage
L’an soixantième de mon âge.


ii.

Une sorte de bonheur doit aussi mourir
Avec l’insouciance.
Mais, insouciant, le bonheur n’était-il pas la nasse
Dans laquelle les dieux s’amusent à perdre les hommes ?

La perte de l’insouciance est peut-être le début d’un bonheur
__________________________________________autre ;
Celui-ci, se sachant menacé, sauvant l’homme
De l’irresponsabilité du dieu poseur de pièges.
Les funérailles du premier de ses bonheurs
Peuvent alors devenir une fête pour l’homme
Qui s’y connaît en fêtes mortuaires.
Sous les soucis plus responsable que ses dieux
Il peut ainsi en devenir l’égal en ruse et toute-puissance.


13 Mai 2017

mardi 11 avril 2017

Große Worte

[Der Tod im Leben heißt Hoffnung. Er heißt Morgen-wird-es-besser. Er heißt Aufschieben, alles nur ein Provisorium. Der Tod im Leben heißt, es gibt ein Leben vor dem Tod und demnächst ist es soweit. Derweil ist man aber tot. Vorläufig. Vielleicht gibt es ja tatsächlich noch ein Stückchen Leben hinterher – die längste Zeit war man dann aber tot gewesen, und sie ist einfach nicht nachzuholen, diese Todeszeit.]

Kürzlich ist mir ein Eckchen vom Zahn weggebrochen;
Die Zunge sucht jetzt immer danach
Aber sie findet es nicht.

Die Zunge ist das Leben
Das Eckchen Zahn liegt schon im Grab
Aber die Zunge sucht es nach wie vor im Mund.

Der Mund ist zum Glück das Leben und kein Friedhof
Für weggebrochene Zahneckchen; diese Zunge
Ist allerdings ebenfalls das Leben.

Ja sogar der restliche Zahn ist noch das Leben.
Wie Mund, Zunge und Zahnrest mit diesem Leben klarkommen
Ist ihre Sache: Die Zunge sucht und der Rest handelt, als hätte er
_____________________________________ nichts verloren.


De grands mots

[La mort dans la vie s’appelle espoir. Elle s’appelle demain-sera-mieux. Elle s’appelle remettre-à-plus-tard, tout-n’est-que-provisoire. La mort dans la vie dit qu’il y a une vie avant la mort et qu’elle adviendra bientôt. En attendant, on est mort. Temporairement. Il y aura peut-être en effet encore un bout de vie après – mais la plupart du temps on aura été mort, et il n’est simplement pas rattrapable, ce temps mort.]

Récemment, j’ai perdu un bout de dent ;
Désormais, la langue le cherche
Mais ne le trouve pas.

La langue, c’est la vie
Le bout de dent gît déjà dans sa tombe
Mais la langue, elle, continue à le chercher dans la bouche.

Par bonheur, la bouche, c’est la vie et non pas un cimetière
Pour des bouts de dents partis ; or, cette langue
Elle aussi, c’est la vie.

Et même la dent qui reste, c’est encore la vie.
La façon dont bouche, langue et dent restante gèrent cette vie-là
C’est leur affaire : la langue cherche et le reste fait comme s’il n’avait rien perdu.


22 Décembre 2014 / 10 Avril 2017

dimanche 9 avril 2017

Améliorations en vue

Accumuler n’est pas toujours judicieux. Il y en a qui accumulent des richesses, d’autres, des expériences ; on peut regarder ça comme judicieux. Mais accumuler des poussières ? Accumuler des dettes ? Lorsqu’on vieillit, il y a accumulation et accumulation. Notamment, il y a accumulation de pertes. Allez-y, mettez toutes ces pertes en tas et regardez ce tas. Est-ce un tas énorme ou n’existe-t-il même pas ? Est-il un trou, ce tas ? Le même trou qui finira par vous engloutir ? Se trouver devant un tas qui a tout d’un trou, c’est à peu près ça, le fait de vieillir, de mûrir.

1. Von Bechsteins überalterten Moralvorstellungen

Las die alten Märchen wieder
Die mich vormals so entsetzlich
Ängstigten und fand sie leider
Überhaupt nicht gruselig.

Wie beeindruckbar die Kinder
Und wie abgebrüht die Alten
Ist das Allergruseligste.
Ich als Kind hatte schon recht.


2. Accent Geezer

De days I still feel hormonawl
Aren’t dose when I’m amorawl:
My hormonawl’s more terminawl
Dan normal or enamorawl.

De days I still would whore ’em all
Are truly dose I’m more morawl:
My hormonawl’s less criminawl
Dan minimawl and comicawl.


3. Engel

Höre noch ein fernes Rauschen
Wollt mit keinem andern tauschen
Halte mir die Ohren zu
Bin darauf so taub wie du.

Hätt ich einen Wunsch noch offen
Käm ich in Verlegenheit:
Auf rein gar nichts mehr zu hoffen
Ist nun die Gelegenheit.

Wünsche solln wie Blumen blühen
Wenn die Jahreszeit es will –
Ohren zu, und es ist still
Ohne sich drum zu bemühen.

Wünsche sollen sein Sirenen
Die erst bei Gefahr ertönen;
Ist sie, die Gefahr, gebannt
Rauscht wieder Ruhe im Land.


4. Tveir Kenningar

En un an, il s’en passe des choses.
Alors en dix ans, en vingt ans...
En vingt ans, quasiment rien n’est arrivé
Alors qu’en un an, il s’en passe des choses.

Choses-passées rencontre Rien-n’est-arrivé.
Il l’aborde : Quoi de neuf, camarade ?
Camarade ne sait quoi répondre
Justement lorsqu’il tombe sur Choses-passées.

Tu me vois bien navré, s’excuse Rien-n’est-arrivé.
C’est moi qui dois m’excuser, répond Choses-passées
De te tomber ainsi dessus à l’improviste.
J’aurais mieux fait de t’éviter pour souffrir en silence.


9 Mai 2016 / 8 Avril 2017